UN PEU D’HISTOIRELes plus anciens d’entre vous se souviennent peut-être de Roméo. Pas celui de Juliette ni un de ses avatars, mais le brutal plan de licenciements individuels mené pendant l’été 2012 par une DRH de MARK en roue libre. Plusieurs centaines de salariés jugés arbitrairement « sous performers » avaient alors été convoqués par leur RH pour se voir signifier leur licenciement pour des motifs d’insuffisance spécieux. Avec un choix : un départ avec le minimum légal à l’issue du préavis ou un peu plus sur le champ. Simple et brutal. La réaction rapide de la CGT avait permis de mettre le holà à cette dérive et avait surtout permis de poser les principes de l’accord Emploi actuel : pas de mobilité forcée, pas de départs contraints, mise en place d’un barème transparent pour les départs acceptés par les deux parties (salarié d’une part, entreprise de l’autre). C’est cet équilibre que la direction veut remettre en cause. Radicalement et brutalement. PLAN SOCIAL DÉGUISÉ ?Même pas ! Il est clairement indiqué dans le projet de la direction. Le plan social n’est même plus déguisé, mais par contre il va coûter beaucoup, beaucoup moins cher à la direction, qui est en passe de faire disparaître les dispositifs et le barème de leurs indemnités, que nous avions obtenus depuis 2012 ! Le long feuilleton de la négociation de l’accord Emploi pour la période 2026-2028 est sur le point de s'achever. Il ne reste plus qu'à relire la dernière version proposée par la direction. Direction qui rêve manifestement…
mercredi, 19 novembre 2025 17:50

Les infos du 19 Novembre 2025 : Négo emploi, doit mieux faire !

Écrit par Philippe FOURNIL

LA BLITZKRIEG
A quelques heures de l’ultimatum fixé par la direction pour signer le projet d’accord télétravail négocié – paraît-il - avec le SNB, et à quelques jours de la « dernière » réunion initialement prévue pour renégocier l’accord Emploi, la direction ajoute de multiples fronts. Après la publication des 101 fermetures d’agences en 2026, elle a remis cette semaine une « note » explicative pour modifier en profondeur les Evaluations. C’est en utilisant le même procédé, qu’en 2011 elle avait fini par mettre le feu aux poudres et avait été contrainte de négocier la mise en place d’un dispositif et co-rédigé une instruction sur le sujet. Accord unanime sur lequel la direction s’assoit aujourd’hui. Dans ces conditions, on ne voit pas comment elle pourrait sortir avec des accords signés et applicables sur les différents points, indispensables pourtant pour mettre en œuvre la stratégie de la DG et faire face aux enjeux auxquels nous allons être confrontés (iA par exemple).   

LA « NÉGO » EMPLOI
Officiellement, la dernière session est prévue lundi. Il aura fallu 4 vraies réunions pour aboutir à des morceaux de textes qui devraient nous parvenir enfin réunis vendredi soir. Autant le dire tout de suite, si rien ne change, la discussion est vouée à l’échec. Le temps manque pour échanger sur les véritables ruptures que propose la direction, ce qu’elle appelle pudiquement un changement de paradigme. Pour faire court, les mesures prévues par l’accord précédent disparaîtraient en quasi-totalité, qu’il s’agisse de l’accompagnement aux projets externes en cas d’échec des principales mesures ou des dispositifs seniors qui ont démontré leur efficacité et répondaient à un réel besoin. Coup de sabre sur la mobilité géographique, notamment sur la grande mobilité. Si la volonté affichée de favoriser le développement des compétences pour faciliter les mobilités plutôt que de supprimer aveuglément des postes est bienvenue, elle ne s’accompagne en revanche d’aucune réelle garantie pour les salariés affectés à des emplois considérés comme « en attrition ».

DOIT MIEUX FAIRE
Après cette négociation « Emploi » marathon, la pseudo-négociation « Télétravail » bidon, la direction propose d’ouvrir les négociations annuelles obligatoires le 1er décembre et espère expédier le sujet avant la trêve de Noël. Cette hâte est révélatrice d’un profond changement de méthode. Cela fait plus d’un an que nous avons demandé une présentation des travaux de McKinsey et de RTS. Slawomir Krupa nous avait parlé d’une présentation en parallèle des négociations Emploi. Rien n’est venu de ce côté. Tout ce que nous avons – les projets d’accords de la direction - est publié sur notre site. N’hésitez pas à en prendre connaissance, car ce sont des dispositifs qui vous concernent tous plus ou moins directement (télétravail, dispositifs seniors, évals, etc). Toutes vos remarques seront les bienvenues. Elles nous serviront d’appuis pour continuer à batailler pour vos droits quelles que soient les circonstances.

 Le fichier PDF 
(Rappel : vous devez vous connecter au site avant de cliquer sur le lien pour avoir accès au fichier PDF)

 mooncomex

AGENDA « SOCIAL » : DEMANDEZ LE CALENDRIER !Après un premier round tendu de négociations « télétravail et emploi », la rencontre avec Slawomir Krupa et la réunion du CSEC du 16 octobre, la direction a fait parvenir aux organisations syndicales un calendrier serré de négociations avant la fin de l’année. 3 dates en décembre seraient consacrées pour les traditionnelles NAO et une autre demi-douzaine de réunions sur l’emploi et la mobilité. La première réunion a lieu lundi 27 octobre et devrait donc revenir sur la méthode, avant d’attaquer le cœur des discussions courant novembre. Un délai très court pour traiter de la mobilité (choisie ou incitée), de l’évolution des process liés à l’emploi, des dispositifs seniors, des risques en cas de tensions sur l’emploi, etc. D’autant que les incertitudes politiques en France viennent compliquer aussi l’exercice. D’ici là, en interne, Slawomir Krupa aura fait son grand oral le 30 octobre, dans un climat tout aussi tendu, mais vraisemblablement (sauf mauvaise surprise) après l’annonce de bons résultats pour le T3.    EMPLOI : A LA LOUPE OU LA LOUCHE ?Alors que s’approche la prochaine réunion de négociation sur l’accord Emploi, la CGT tient à rappeler la position de l’intersyndicale sur un point essentiel de cette discussion : aucun accord ne sera possible sans maintien des dispositifs spécifiques du chapitre 3 de l’accord actuel, actualisé en fonction des besoins constatés par l’expérience. C’est ce chapitre qui assure qu’un salarié dont le poste est supprimé dans le cadre d’une réorganisation ne sera pas contraint à une mobilité…
EMPLOI – TELETRAVAILAprès avoir claqué la porte de la réunion le 19 septembre en raison du refus par la direction de négocier au-delà d’un jour max de télétravail, l’intersyndicale CFDT - CFTC - CGT a rencontré la DRH le 26 septembre. Nous lui avons rappelé nos exigences sur les négociations Emploi et sur le télétravail, forts de votre appui à travers 3 grèves depuis le début de l’année et une pétition qui atteint maintenant 8500 signataires. Lors d’une réunion tendue, la DRH n’aura que confirmé la « décision managériale sur le télétravail » et affiché fermement sa volonté de « changer de paradigme sur l’emploi » (renforcement de la mobilité interne et abandon des mesures de départs volontaires). Le tout sans moyens supplémentaires. Très insatisfaits, les syndicats ont ensuite rencontré Slawomir Krupa et Alexis Kohler pour leur expliquer directement ce qui est audible, acceptable ou au contraire, ce que nous contestons fermement et que nous combattrons. Ce qui pourrait générer des freins sérieux dans la mise en œuvre des transformations à venir.   TRANSFORMER L’ESSAINous allons pouvoir mesurer dans les jours qui viennent si l’écoute, affichée par la Direction Générale lors de ces rencontres, se traduit concrètement par une évolution des mandats donnés au directeur des relations sociales pour négocier sur l’emploi et sur le télétravail. Clairement, il apparait que les objectifs ne sont pas incompatibles mais que cela nécessite un « dialogue social » plus transparent et loyal. Par exemple, il est dans l’intérêt de tous que les process de mobilité soient les…
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